Year zero.

Je ne prétends pas avoir un quelconque talent. J'aime simplement écrire, c'est un fait, et je ne me priverais pas d'un bonheur juste parce que je le manie mal. N'hesitez pas à corriger mes fautes, vous me rendez service. Merci, bonne lecture, à dans une autre vie.

# Posté le mardi 10 juin 2008 10:04

Modifié le samedi 05 septembre 2009 15:43

La vie et elle. La vie est elle.

La vie et elle. La vie est elle.
Giorgino.

Ah, la vie... Bonjour, je m'appelle Elodie, j'ai 16ans, et je suis ce qu'on appelle une adolescente (ma maman me l'a dit) . Dans la vie, j'aime deux choses : Daniel Balavoine et ma fée. Oui, j'ai une fée personnelle, à moi toute seule ! En fait, elle est venue quand j'avais 9 ans, et maintenant elle ne veut plus partir. Elle n'a pas vraiment de prénom, je le lui demande souvent mais elle ne veut pas me le dire. Je l'appelle Ma fée, ça lui suffit parait-il. Oh, et puis Daniel Balavoine, c'est un chanteur, il est mort maintenant, c'est mon papa qui m'a donné des disques de lui, et sa voix, elle me fait voler. Ma fée aussi elle aime bien ! Elle me fait parfois un petit balai, avec ses ailes qui brillent et qui virevoltent doucement. Mon grand-père et l'école sont les choses que je déteste le plus. Commençons par l'école : Les filles, elles ne m'aiment pas vraiment alors je suis toujours toute seule. Et les garçons, les méchants garçons, c'est comme s'ils ne me voyaient pas... Pourtant ma maman me dit que je suis très jolie et aussi très gentille, qu'il ne faut pas faire attention à eux, mais j'y arrive pas... J'y vais tout les jours ; j'aime bien mon cartable Barbie, les filles elles se moquent, mais moi j'aime bien mon cartable Barbie. Rose, comme mes joues ! Je ne comprends pas pourquoi les gens posent ces regards atroces sur moi... Qu'est-ce que je leur ai fait? J'ai jamais compris. « Jamais tu ne seras en paix », ça c'est grand-père qui me le dit... Il est méchant, lui. Méchant comme un loup ! Mais je dois aller le voir, je suis obligée, c'est pour faire plaisir à maman. Avant, je grimpais sur ses genoux et il me tripotait en dessous, en souriant. Ses yeux brillaient. Comme des étioles, mais des étoiles un peu sales. Il m'appelait Petite erreur blanche, j'ai jamais su pourquoi. Maintenant qu'il est trop vieux, il a arrêté de se servir de moi comme ça, de toute façon il se serait lassé. Il me répète sans cesse que je suis si niaise, tellement molle... Mais est-ce ma faute ? Je suis malade, c'est papa qui me l'a dit. Mon cerveau ne marche pas correctement, alors non, ce n'est pas ma faute, Grand-père, mais tu ne comprends pas et tu n'as jamais essayé. Aussi, j'aime hurler, ça me soulage, et ça soulage mon petit c½ur, mon petit corps. J'ai honte parce que je l'aime bien mon corps, il y a pleins de bosses, de courbes, de lignes sineuses, et des chemins bizarres. Je me touche mais Maman m'a répété qu'il ne fallait pas que je devienne une catin. « Qu'est ce que c'est qu'une catin maman ? » Papa lui a dit de se taire, alors moi je continue à me toucher ; les doigts par dessus les cicatrices. Mais Ma fée se moque. Elle dit que je vais aller en Enfer. Je ne veux pas ! A l'école, la maîtresse nous a montré une peinture qui représentait l'enfer, avec Satan le diable. C'était rouge comme mon sang, ça me faisait peur. Alors je ne veux pas aller là-bas, même si ma fée dit que j'irais ! Et puis après, elle pleure, alors je pleure aussi, on pleure en c½ur. C'est joli, non ? Je trouve tout joli. Ses petites larmes tombent lentement, tout lentement. Sur ma main. Sur mon coeur, aussi, parfois.

- C'est vieux, c'est pas
très reussi, menfin... -

# Posté le mardi 10 juin 2008 10:19

Modifié le lundi 24 août 2009 08:51

HardCorps

HardCorps
Tom Neely.


J'aime voir Charles se courber lorsque je le pompe. C'est affreusement touchant de le voir ressentir ce plaisir. Parfois, même, c'est tellement fort que je le griffes de plus en plus profond. Bon, là il lui arrives de me traiter de salope mais j'avoue aimer le voir se mettre en colère juste pour moi. C'est qu'il me porte un peu d'attention, non ? Après le sexe, je dois retrouver ma chambre sale, au sol noir et décrepi. Chambre n'est pas un terme très approprié, mais je dis ça pour ne pas oublier les choses simples de la vie (une chambre aux murs roses, un petit lit d'adolescente, des poupées de porcelaines dans les coins). Puisque nous sommes entre nous, vous pouvez appelez l'endroit ou je passes la plupart de mon temps une cave ou un cachot. C'est atrocement long d'attendre à nouveau la nuit que je puisses enfin pénétrer dans sa chambre à lui et qu'il me prennes (le plaisir c'est sacré) par devant et par derrière. Ca n'est pas que je l'aime mais il me fait pitié, pas capable d'aimer une vraie femme avec de vraies rondeurs ; obligé de se rabattre sur une minette de 14 ans. Pitoyable, ça doit être le mot qui le définit le mieux. J'ai essayée de le comprendre, j'ai vite abandonnée. Il m'a dit qu'il se sent parfois comme Humbert Humbert, le fameux pédophile du livre "Lolita" de Nabokov. Il me l'a preté, je l'ai lu d'une traite, une nuit de pleine lune. Qu'est-ce que j'ai ri ! Le pauvre Humbert Humbert est tellement plus distingué, charmant et attentioné que Charles. Pourtant ce dernier possède des tas de groupies qui se masturbent en pensant à lui. C'est grave! Il fait du rock, il est musicien, il connaît la gloire immonde qui change les gentilles personnes et qui fais cracher les médias. Moi je préfère le classique mais à force de l'entendre à travers les murs frêles, je m'y habitue à sa musique. J'aime bien la guitare, ça peut être doux et rassurant, puis de la minute à l'autre devenir agressif et violent. Un peu comme moi. Une fois, il m'a emmenée au restaurant. Et comme je n'avais pas compris pourquoi, il m'a appris que je n'étais pas la seule à devoir satisfaire ses besoins. Bon, c'est vrai que sa maison (ou devrais-je dire son manoir) est carrément immense, mais quand même ! Et donc, il m'avait emmenée là parce que j'étais sa...préférée. Sa ménagère, qu'il a dit. Ménagère ? Qu'est-ce que ce terme pas du tout en rapport avec la chose venait foutre là ? Moi j'aurais plutôt dit prostituée personnelle. Bref, c'était plutôt tranquille, je dirais qu'il était assez excité le bonhomme, il n'arrêtait pas de zieutez mon décolleté et il m'a même fait du pied. J'étais touchée, bien que j'ai appris à blinder mon c½ur, parce qu'au début ça n'a pas été simple, je m'imaginais princesse enlevée par un méchant-vilain-sexy, j'adorais ma situation, mais je me suis bien vite casser la gueule du haut de mon piédestal de verre. Du coup, je ferme à double tour mon c½ur. La clé, je l'ai bouffée. Après il m'a emmenée dans sa voiture le salaud, et «c'est reparti pour un tour». Je me retenais d'hurler, de jouissance ou de peur, je ne sais pas, je ne sais plus trop au fil du temps. A 14 ans, on n'est pas une femme, on n'est plus une enfant.

Jusque là, c'était monotone, je réalise pas trop l'affaire, je sais qu'il m'a enlevée à mes parents à 12ans, et qu'il m'a bien changé, l'animal, sans trop savoir comment il a fait. Peut-être est-ce parce que mes parents m'étouffaient à l'époque, je lisais alors des tas de livres qui racontaient les histoires folles de jeunes filles frivoles, je n'en pouvais plus. Lorsqu'il est apparue dans ma vie, mon imagination a de suite mis en place un plan machiavélique, ô combien affreux. Mais depuis quelques mois, ça s'est gâtée. Je dois être tellement divertissante qu'il m'a « prêtée » à ses amis, comme on prête un super disque qu'on veux absolument faire découvrir. Dans la liste de ses prétendus amis, il y a donc Andy, le gros qui sue tel un porc, lui ne peux me prendre sans m'attacher au lit avec de vulgaires menottes. Je me sens stupide mais bon, si ça lui fais plaisir (et CA lui fais plaisir). Ensuite, il y a Peter. Le gentil Peter. Dans une autre vie, un autre moment, une autre époque, j'aurais pu l'aimée comme une folle mais jamais... C'est le plus jeune, souvent il se maquille, il me dis que ça fais peur à tout le monde, mais moi je trouve ça attendrissant, comme s'il voulait être autre. Il embrasses mes tout petits bout de seins doucement, je ne suis pas habituée, le première fois, ça m'a bouleversée. C'est le seul qui, après s'être bien vidé comme une bête en moi, prend le temps de me regarder enfiler mes vêtements, parfois même il ose me parler. Et enfin, il y a Jack, le pire ! Il arrives, me jettes contre le mur, m'enfonces son engin tout rouge et veiné si violemment ... Me voilà obligée de crier pour qu'il s'y croit, alors qu'à l'intérieur je saigne. Ces trois là, plus Charles n'arrête plus et moi je sature. Mon corps est trop fragile maintenant, trop blanc et livide. J'ai l'impression que tout se détraque, que tout se dérègle. Je ne me recconais plus dans les miroirs. Je parle seule dans ma tête et jamais personne ne me répond. Je ne mange plus et des hématomes sont apparus sur mon ventre rond d'enfant, mes bras ainsi que mes cuisses. A force d'être trop jetée contre les murs, le lit, la table de nuit, l'armoire. Je songe de plus en plus souvent à mon plan, j'ai du temps. Mais ce soir, après m'être longuement inspecté dans le miroir sale de ma cave, après m'être fait vomir -ma souffrance-, ce soir ça y est ! Je me lance. Charles arrive, je me déshabille, mais garde ma petite culotte blanche. Je me met à califourchon sur lui, je sens déjà qu'il est prêt, c'est qu'il est rapide! Je me retourne alors et pousse un hurlement mêlant l'espoir et la rage en enfonçant la lame glacée du couteau dans son cœur. Dans son tout petit coeur recroquevillé tout noirci de terreur. Je frappe, frappe jusqu'au plus profond de son être, de sa foutue âme. Ça gicle et moi je ris à n'en plus finir. Si vous auriez vu l'expression de son visage ! A en mourir de rire, me voilà enfin libérée. What a story.


- Après un rêve.
C'est fou ce que
ça inspire les
rêves. Bon, c'est pas top. -

# Posté le mardi 10 juin 2008 11:31

Modifié le mercredi 26 août 2009 15:35

Royaume numéro 9

Royaume numéro 9
Ciou.

-Allez, presse-toi, courage !
-Attend, Louis !

Le garçon court vite, et la fille derrière veut le rattraper, les deux anges et leurs cheveux s'envolent. Le grand sac de la jeune fille s'ouvre et des fruits en dégringolent. Surpris, Louis se hâte de les ramasser, espérant que personne n'ai vu ça. Heureusement, ils ont déjà atteint la barrière, qu'ils appellent la porte secrète du jardin d'Eden.

Oui, ils ont honteusement volé, leurs estomacs refusant de se calmer. C'est plutôt Louis qui l'a fait, courageux. Honteuse, Marie a attendu en tremblant derrière une poubelle. Elle regardait de ses grands yeux si son frère n'allait pas se faire emporter par un de ces policiers qu'elle redoute tant. Ensuite, ils ont couru, jusqu'à n'en plus pouvoir, pour arriver là. Leur paradis. Une grande colline, de belles fleurs partout. Un seul arbre, grand et magique. Si beau, et majestueux. Des papillons, ici et là, et l'herbe verte, douce et comme un rêve de nuage. La nuit, des fées viennent les consoler, et lorsque la lune se montre pleinement, ils restent éveillés, attendant qu'une étoile filante daigne montrer le bout de son petit tout petit nez pour accomplir leurs v½ux. Oui, ce sont des enfants de la rue, un peu sauvage, un peu malhabiles. Ils ont pourtant vécu autrement, dans la richesse et le luxe. Mais justement, ce n'était pas ce qu'ils recherchaient. Ce n'était pas leur bonheur. C'était superficiel, lassant. C'était trop. Trop de beauté, trop de richesse, trop de règles et pas assez de vrais frissons. Voulant vivre la liberté, la vraie liberté, ils sont partis. Quelques vêtements, un peu d'argent, leurs livres préférés, le carnet de dessin de Marie et une couverture bleu nuit. C'était peu, mais déjà beaucoup. Dans la rue, jamais ils ne passaient inaperçu. Marie et ses vieux vêtements pourtant si beaux ayant appartenu à sa grand-mère, ses jupons noirs, ses chemisettes de soie et ses rubans de velours. Louis si élégant, les chaussures vernis, les vestes en flanelle et les chaussettes rayées. On les vois toujours main dans la main, se souriant, s'aimant. La rue est leur nid, violente et apaisante. Elle est là toujours là, reflétant la triste réalité. La pollution, les fumées qui les étouffent, les gens qui marchent vite et la tête basse, ou ceux qui dévisagent, tout le temps. C'est ici que les deux anges veulent vivre. La vie, la vraie. C'est ici qu'est leur royaume ; eux sont les rois de leur amour.

- C'est vieux. C'est un peu
cabossé. Desolée -
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 10 juin 2008 11:52

Modifié le lundi 24 août 2009 08:54

Ce que nous sommes

Ce que nous sommes
Egon Schiele.

Ce matin ; les matins. Face au miroir sale. Les néons.

Mes os, mes hanches saillantes, mes cotes qui ressortent - trop -, mon nombril, mes longues jambes squelettiques et mes bleus. Mes bleus, mes cicatrices, certaines saignent encore, je les griffe. Ma souffrance. Je me fais mal, et je ne peux contrôler le mal-être d'autrui, je ne peux que ME contrôler, me faire mal, stopper ma douleur, recommencer, re-stopper. J'ai le pouvoir. Je suis reine de mon corps, de ma vie, de moi. Je n'attire pas les hommes et de cette façon je suis intouchable, je suis vide je vous dit, vide! Mon esprit vagabonde, mon esprit veux partir mais attendons encore un peu. Je mets ma main sur mon ventre... Un enfant ? Pas d'enfant ! Pas d'enfant ! Je frappe, aussi fort que je peux, je frappe et mes traits se crispent alors je ne relève pas la tête, pas de pitié pour les monstres. Suis-je un monstre ? La douleur commence à apparaître, petit à petit, oh oui... Alors je griffe le nombril, je l'arrache. Je griffe, je mords, je hurle, ma haine, je la vomis comme je vomis mes mains. Oh je me sens soulagée... Ça y est. Vous savez Madame, les gens souffrent tous, un à un. Des gamines se marient à 12 ans avec des hommes de 40 ans, des inconnus. Des petites filles tombent dans les escaliers, il n'y a plus de pansements. Des gosses crèvent le ventre vide, et les bombes éclatent. Le jeune homme s'énerve car le portable qu'il voulait n'est plus en vente. Les nanas se font violer, aux yeux de beaucoup ce ne sont que des morceaux de viande, elles sont bonnes et non charmante. Ce sont des salopes et non des demoiselles. Le chat de cette vieille dame est mort hier, c'était son seul compagnon. La plupart des jeunes ne se cultivent plus et vivent dans leur monde. On leur pourrit la vision des choses avec des films violents qui ne sont pourtant pas si loin de la réalité. Les êtres humains se crachent à la gueule, tous pareil, moi de même. Cruelle, sans pitié. La vie est courte, le monde est laid. Vision de la chose pessimiste. Je ne peux refaire le monde, le changer, le modifier. Mais je peux me modeler. Je ne possède pas le pouvoir de ce Dieu que l'on adore tant, ce Dieu sourd voir aveugle. Mais les gens ont besoin de croire en quelque chose, les gens veulent toujours vivre avec une lueur d'espoir... Laissons les. Je me regarde trois secondes dans le miroir, luttant contre l'envie d'envoyée mon poing dedans. Le teint translucide, les veines qui se devinent une à une. Les cernes violettes, et mes cheveux bruns en bataille. Un coup de brosse tout de même, pas de maquillage, je suis ce que je suis, pourquoi me cacher ? Je ne me considère pas femme, juste humaine, une putain d'humaine.

# Posté le mardi 10 juin 2008 12:10

Modifié le lundi 24 août 2009 08:58