Tom Neely.
J'aime voir Charles se courber lorsque je le pompe. C'est affreusement touchant de le voir ressentir ce plaisir. Parfois, même, c'est tellement fort que je le griffes de plus en plus profond. Bon, là il lui arrives de me traiter de salope mais j'avoue aimer le voir se mettre en colère juste pour moi. C'est qu'il me porte un peu d'attention, non ? Après le sexe, je dois retrouver ma chambre sale, au sol noir et décrepi. Chambre n'est pas un terme très approprié, mais je dis ça pour ne pas oublier les choses simples de la vie (une chambre aux murs roses, un petit lit d'adolescente, des poupées de porcelaines dans les coins). Puisque nous sommes entre nous, vous pouvez appelez l'endroit ou je passes la plupart de mon temps une cave ou un cachot. C'est atrocement long d'attendre à nouveau la nuit que je puisses enfin pénétrer dans sa chambre à lui et qu'il me prennes (le plaisir c'est sacré) par devant et par derrière. Ca n'est pas que je l'aime mais il me fait pitié, pas capable d'aimer une vraie femme avec de vraies rondeurs ; obligé de se rabattre sur une minette de 14 ans. Pitoyable, ça doit être le mot qui le définit le mieux. J'ai essayée de le comprendre, j'ai vite abandonnée. Il m'a dit qu'il se sent parfois comme Humbert Humbert, le fameux pédophile du livre "Lolita" de Nabokov. Il me l'a preté, je l'ai lu d'une traite, une nuit de pleine lune. Qu'est-ce que j'ai ri ! Le pauvre Humbert Humbert est tellement plus distingué, charmant et attentioné que Charles. Pourtant ce dernier possède des tas de groupies qui se masturbent en pensant à lui. C'est grave! Il fait du rock, il est musicien, il connaît la gloire immonde qui change les gentilles personnes et qui fais cracher les médias. Moi je préfère le classique mais à force de l'entendre à travers les murs frêles, je m'y habitue à sa musique. J'aime bien la guitare, ça peut être doux et rassurant, puis de la minute à l'autre devenir agressif et violent. Un peu comme moi. Une fois, il m'a emmenée au restaurant. Et comme je n'avais pas compris pourquoi, il m'a appris que je n'étais pas la seule à devoir satisfaire ses besoins. Bon, c'est vrai que sa maison (ou devrais-je dire son manoir) est carrément immense, mais quand même ! Et donc, il m'avait emmenée là parce que j'étais sa...préférée. Sa ménagère, qu'il a dit. Ménagère ? Qu'est-ce que ce terme pas du tout en rapport avec la chose venait foutre là ? Moi j'aurais plutôt dit prostituée personnelle. Bref, c'était plutôt tranquille, je dirais qu'il était assez excité le bonhomme, il n'arrêtait pas de zieutez mon décolleté et il m'a même fait du pied. J'étais touchée, bien que j'ai appris à blinder mon c½ur, parce qu'au début ça n'a pas été simple, je m'imaginais princesse enlevée par un méchant-vilain-sexy, j'adorais ma situation, mais je me suis bien vite casser la gueule du haut de mon piédestal de verre. Du coup, je ferme à double tour mon c½ur. La clé, je l'ai bouffée. Après il m'a emmenée dans sa voiture le salaud, et «c'est reparti pour un tour». Je me retenais d'hurler, de jouissance ou de peur, je ne sais pas, je ne sais plus trop au fil du temps. A 14 ans, on n'est pas une femme, on n'est plus une enfant.
Jusque là, c'était monotone, je réalise pas trop l'affaire, je sais qu'il m'a enlevée à mes parents à 12ans, et qu'il m'a bien changé, l'animal, sans trop savoir comment il a fait. Peut-être est-ce parce que mes parents m'étouffaient à l'époque, je lisais alors des tas de livres qui racontaient les histoires folles de jeunes filles frivoles, je n'en pouvais plus. Lorsqu'il est apparue dans ma vie, mon imagination a de suite mis en place un plan machiavélique, ô combien affreux. Mais depuis quelques mois, ça s'est gâtée. Je dois être tellement divertissante qu'il m'a « prêtée » à ses amis, comme on prête un super disque qu'on veux absolument faire découvrir. Dans la liste de ses prétendus amis, il y a donc Andy, le gros qui sue tel un porc, lui ne peux me prendre sans m'attacher au lit avec de vulgaires menottes. Je me sens stupide mais bon, si ça lui fais plaisir (et CA lui fais plaisir). Ensuite, il y a Peter. Le gentil Peter. Dans une autre vie, un autre moment, une autre époque, j'aurais pu l'aimée comme une folle mais jamais... C'est le plus jeune, souvent il se maquille, il me dis que ça fais peur à tout le monde, mais moi je trouve ça attendrissant, comme s'il voulait être autre. Il embrasses mes tout petits bout de seins doucement, je ne suis pas habituée, le première fois, ça m'a bouleversée. C'est le seul qui, après s'être bien vidé comme une bête en moi, prend le temps de me regarder enfiler mes vêtements, parfois même il ose me parler. Et enfin, il y a Jack, le pire ! Il arrives, me jettes contre le mur, m'enfonces son engin tout rouge et veiné si violemment ... Me voilà obligée de crier pour qu'il s'y croit, alors qu'à l'intérieur je saigne. Ces trois là, plus Charles n'arrête plus et moi je sature. Mon corps est trop fragile maintenant, trop blanc et livide. J'ai l'impression que tout se détraque, que tout se dérègle. Je ne me recconais plus dans les miroirs. Je parle seule dans ma tête et jamais personne ne me répond. Je ne mange plus et des hématomes sont apparus sur mon ventre rond d'enfant, mes bras ainsi que mes cuisses. A force d'être trop jetée contre les murs, le lit, la table de nuit, l'armoire. Je songe de plus en plus souvent à mon plan, j'ai du temps. Mais ce soir, après m'être longuement inspecté dans le miroir sale de ma cave, après m'être fait vomir -ma souffrance-, ce soir ça y est ! Je me lance. Charles arrive, je me déshabille, mais garde ma petite culotte blanche. Je me met à califourchon sur lui, je sens déjà qu'il est prêt, c'est qu'il est rapide! Je me retourne alors et pousse un hurlement mêlant l'espoir et la rage en enfonçant la lame glacée du couteau dans son cur. Dans son tout petit coeur recroquevillé tout noirci de terreur. Je frappe, frappe jusqu'au plus profond de son être, de sa foutue âme. Ça gicle et moi je ris à n'en plus finir. Si vous auriez vu l'expression de son visage ! A en mourir de rire, me voilà enfin libérée. What a story.
- Après un rêve.
C'est fou ce que
ça inspire les
rêves. Bon, c'est pas top. -